Du 20 au 29 novembre 2019 aura lieu le chantier sciage tant attendu.
Il se déroulera à Bellevue et nous faisons appel à Pascal Brétéché, le banc de scie fixe de Bellevue n’étant toujours pas opérationnel.
Les 150m³ de bois grume estimé devront être sciés dans cette période pour rattraper le retard pris cet été. Sinon le bois, surtout les pins risquent de ne pas supporter l’hiver et nous nous retrouverions à avoir coupé ces arbres pour rien.
Ce chantier sera placé sous le signe de l’efficacité car la pluie est bien la, arrivée avec l’automne et son lot de champignons affamés et de parasites xylophages. Puis ensuite l’hiver, et ses chantiers bûcheronnage dont celui de Rohanne en février (du 6 au 18/02/20).
Le bois coûtera environ 110€/m³ grume, 50€ sont pour abracadabois et 60€ pour Pascal. Le prix sera peut-être un peu modifié en fonction des coûts supplémentaires dû a l’organisation du chantier.
Nous allons donc entamer une course de neuf jours pour transformer ces bois rond et tords en planches, poteaux et plots bien carré et droit, rangés en tas par sections. Transformer l’informe, l’unique en droite et angles standard si chers à l’homme occidental pour se sentir moins perdu dans
ce monde trop désordonné à son goût.
Nous demandons, comme chaque année, aux bénéficiaires du bois de venir participer autant qu’ils le peuvent au chantier.
Pour s’inscrire, vous pouvez écrire à abracadabois@riseup.net ( mettez sciage 2019 dans le sujet) ou contacter Nolig au 07 69 35 32 57 en précisant vos disponibilités. Vous pouvez vous inscrire aussi bien pour le chantier en lui-même que pour faire à manger le midi.
Nous acceptons et encourageons aussi la venue de tous autre volontaires.
Il suffit d’avoir envie de se confronter à des volumes et des masses qui nous dépassent, d’aimer l’intensité dans le travail collectif, celle qui vous fait oublier la pluie et l’humidité, être enthousiasmé par le répit des repas fait de bonne pitance, d’être mû par le désir de participer à une oeuvre commune. Plus l’engagement est long mieux c’est pour la tenue du chantier. L’engagement minimal est d’une journée complète dont voici une esquisse de déroulement :
-7H45 : le soleil à fini de traîner la patte, il s’est enfin levé. Ciel bas, lumière encore pâle. Il fait étonnament doux pour un milieu d’automne. L’air est tellement chargé d’humidité qu’il suffit de courir pour avoir la sensation qu’il pleut. On définit les postes on se répartit le matériel, on affûte la tronçonneuse si ça n’a pas été fait la veille, on fait le plein puis les dernières mises au point.
-8h00 : tout le monde à sa place. Pascal est la, il fait face à la grume posé la veille. Elle trône présomptueusement sur le banc, défiante. Dernier moment de silence. Puis c’est le cri aigu et rageur de la lame encore froide qui pénètre dans l’aubier partiellement putréfié.
Il était grand temps.
Chacun se retrouve isolé dans son casque antibruit, le corps en action l’esprit en divagation. Alors, les deux qui sont placés en amont du banc de scie commencent déjà à ramener la grume suivante à grand coup de tournebille. (Le scieur est payé au rendement, il n’aime guère attendre)
Le gros tas de bois devant eux est comme la banquise, il fond doucement, très doucement mais sûrement. Les grosses larves dans l’écorce sont alors comme des ours polaires sur un iceberg à la dérive et voués à une fin tragique.
Parfois au détour d’une courbure du bois, ou d’un rétrécissement, même imperceptible pour l’oeil peu averti, un coup de tronçonneuse s’impose.
Les rouleurs de grume s’arrêtent, discutent deux secondes, ou se mettent d’accord par quelques gestes et regards. Alors que ces derniers sont quasiment ensevelis sous l’écorce, de l’autre côté du banc c’est une autre ambiance; il neige de la sciure, c’est beau, ça sent bon mais à la longue ça gratte et ça nique les poumons. Heureusement que la pluie est la elle, pour la coller au sol. Le banc de scie continue sa cadence, métronome imperturbable.
Il vomit d’abord des rablettes et des chantiers puis enchaîne avec de la volige, des plots pour la menuiserie, des chevrons, du bardage.
Il faut ranger le bois par sections. 4 personnes, par paires font des va-et-vient entre le banc et les tas de bois.
D’un côté le bois par sections, de l’autre les croûtes qui seront elles-mêmes fagoté, cerclées et rangées avant d’être mises à disposition.
Les plots eux seront aussi mis de côté et devront être balayés plateau par plateau avant d’être également cerclés et rangés a leur place derrière le hangar. Là, lentement au fil des ans le bois sera lavé par la pluie et séché par les vents.
Aussi soudainement qu’il à démarré quatre heures plus plus tôt, le cri aigu de la scie s’arrête. Il est:
12H00: on entend juste le bruit des planches qui claquent au sol quand les porteurs jettent celles qu’ils avaient encore entre leurs mains.
Répit, repas, pitance. Notre lien redevient celui de la parole, nous redevenons humains.
13h30 : On reprend comme le matin. Un peu alourdi par la digestion au début.
Mais au fil des jours, les gestes se répètent.
Parce qu’ils se répètent, ils s’affinent, s’optimisent.
Et plus ils s’optimisent moins on se fatigue et plus on est rapides.
Alors, la bonne cadence arrive, ni trop lente ni trop speed.
« On the road again », le rythme est commun et la mélodie revient. La encore, sans se parler, d’un simple geste ou d’un simple regard on se comprend. Le plaisir est la, à ce stade on a plus envie de s’arrêter on a la sensation de pouvoir durer, durer,durer. Durer comme dans « Fried hockey boogie ».
Au moins jusqu’à la fin de l’après-midi.
18h00: Fin de journée.
Cheveux et visage plein de sciure collé par la sueur.

Il y a besoin de monde, inscrivez-vous en nombre !

Pour s’inscrire, vous pouvez écrire à abracadabois@riseup.net (mettez sciage 2019 dans le sujet) ou contacter Nolig au 07 69 35 32 57 en précisant vos disponibilités. Vous pouvez vous inscrire aussi bien pour le chantier en lui-même que pour faire à manger le midi.

Journée type
8H00
12H00
Sciage
12H00
13H30
Repas
13h30
17H30
Sciage
17H30
18H00
Fin du sciage,
Du rangement,
Anticipation du
lendemain


*Titres de Canned heat